Depuis ma lecture du roman Le tatoueur d’Auschwitz, j’apprécie de plus en plus la découverte de romans historiques traitant particulièrement de cette période.

J’ai eu la chance de recevoir ce roman dans le cadre de la Masse critique organisée par le site Babelio.

Quatrième de couverture

Berlin, novembre 1938, Otto Silbermann est un homme traqué. Plusieurs de ses proches ont déjà été arrêtés, d’autres ont disparu. Plus rien ne s’oppose désormais à ceux qui s’en prennent aux citoyens juifs allemands. Silbermann essaie de fuir le pays. D’une gare à l’autre, son voyage se transforme en course effrénée au cours de laquelle il rencontre d’autres Juifs en danger, des Allemands ordinaires et des nazis déterminés. Mais, quand toutes les portes se ferment, c’est surtout sa propre peur qu’il faut affronter.

Ce texte, que l’on pensait disparu avec son auteur, mort en 1942, est un témoignage romanesque unique de la situation en Allemagne au moment de la nuit de Cristal.

Extrait

Becker se leva, écrasa son cigare dans le cendrier, boutonna sa veste et posa, d’un geste protecteur, sa main droite sur l’épaule de Silbermann.
« Salut, Otto, porte-toi bien. Je pense être de retour à Berlin dès demain. Et s’il y a quoi que ce soit, tu n’as qu’à m’appeler à Hanbourg.
– Je ne te demande qu’une chose, dit Silbermann tout en acquiesçant de la tête. Ne te laisse pas reprendre par le jeu, tu as trop de chance en amour pour ça. Et puis… c’est notre argent que tu perds de la sorte. »
Becker eut un rire agacé.
« Pourquoi ne dis-tu pas carrément ton argent ? M’est-il arrivé ne serait-ce qu’une seule fois de…
– Certes non, s’empressa de l’interrompre Silbermann. Ce n’était qu’une plaisanterie, tu le sais bien. Mais il n’empêche que tu es vraiment imprudent. Une fois que tu commences à jouer, tu as du mal à t’arrêter, et si en plus tu viens d’encaisser ton chèque… »

Le voyageur, de Ulrich Alexander Boschwitz – édition Livre de poche

Une lutte pour la liberté au péril de sa vie.

Ce roman, qui se veut une histoire vraie, traite de faits historiques avérés sous le régime hitlérien : la persécution des Juifs dans une Allemagne nazie. On y suit Otto Silbermann, qui tente par tous les moyens de fuir pour retrouver la liberté. Au gré de ses voyages et de ses rencontres, le lecteur va sentir son mal-être et sa position, qu’il exprime avec conviction, force et véhémence.

Le roman s’ouvre d’ailleurs sur l’un des événements les plus marquants de la persécution des Juifs : la Nuit de Cristal (9 au 10 novembre 1938), qui marquera vraiment le début des atrocités commises envers cette religion. L’auteur décrit ici, sans aucun doute avec justesse, le ressenti du côté de la communauté des Juifs, face à une telle persécution. Les autres, y compris ceux qui étaient jusqu’alors des amis vont devenir suspects et, pire que la douleur de perdre ceux qu’on aime, l’angoisse pour sauver sa peau. L’auteur va même jusqu’à donner des pulsions suicidaires à son personnage principal, que l’on suit tout au long du roman dans son voyage, de gare en gare, revenant sur ses pas, rencontrant de nouveaux personnages avec qui il va nouer des liens ou simplement discuter. L’horreur de la situation historique fait commettre au personnage d’Otto Silbermann quelques erreurs, au travers de ses pensées divergentes.

Le sentiment qui domine dans ce roman est la peur, mais aussi la méfiance. L’auteur a parfaitement su transmettre ces émotions au lecteur, qui se retrouve embarqué avec Otto Silbermann dans cette course haletante pour la liberté et, plus que tout, pour la vie. Une vie somme toute meilleure et où règne la sécurité.

En bref

C’est donc un très beau roman que nous livre l’auteur, pleinement conscient des persécutions et massacres qui ont eu lieu à cette période, mais également des enjeux politiques et sociaux inhérents. Il se veut avant tout proche de la vérité et nous permet d’en apprendre un peu plus sur l’état d’esprit d’une grande partie de la population allemande à cette époque.

2 Commentaires

  1. Bonjour,

    J’ai jeté un coup d’œil sur votre site et je me demande si un ou deux de mes romans correspondent à votre goût. J’ai récemment publié ces deux livres sur Amazon.
    Le premier : ‘La Reconnaissance’, est un livre dont l’action prend naissance au 19iem siècle au Danemark où l’existence d’un métayer Juif va bouleverser les vies de différents protagonistes un siècle plus tard à notre époque de haute technologie. Le suspense et l’Histoire avec une touche d’ésotérisme sont les ressorts de ce roman.
    J’ai entrepris un autre roman : ‘Après’. Ce livre présente un scénario possible de ce que pourrait être notre monde de demain. Il situe le rôle d’Israël dans le contexte mondial. Il repose sur l’hypothèse optimiste que l’instinct de survie de l’Homme surpasse ses pulsions suicidaires.

    Ces ouvrages viennent également d’être traduit en Anglais. Vous pouvez en trouver un résumé plus détaillé de en cliquant sur les liens en bas de page.
    Je serais heureux de vous offrir si vous le désirez ces deux livres imprimés via Amazon. Pour cela, faites-moi parvenir votre adresse postale. Bien cordialement,

    Daniel Suraqui

    https://www.amazon.fr/Reconnaissance-Daniel-C-Suraqui-ebook/dp/B09V3BXGX4/ref=sr_1_3?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&crid=19NUGL1HKM1V6&keywords=suraqui&qid=1703351705&sprefix=seraqui%2Caps%2C192&sr=8-3
    https://www.amazon.fr/Apr%C3%A8s-Daniel-C-Suraqui-ebook/dp/B09V37NJ1Q/ref=sr_1_5?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&crid=19NUGL1HKM1V6&keywords=suraqui&qid=1703353043&sprefix=seraqui%2Caps%2C192&sr=8-5

    • Bonjour,
      Tout d’abord, je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à mon blog, ainsi que pour votre proposition.
      Comme vous l’avez sûrement déjà lu, je suis actuellement partenaire de la maison d’éditions City, ainsi que du Prix du Livre de Poche Charleston 2024. Je souhaite en priorité honorer ces collaborations, et me garder un temps pour des lectures personnelles, que j’ai choisies.
      Je ne donnerai donc pas suite, mais vous encourage à tenter auprès d’autres blogueurs.
      Bonne continuation dans vos recherches.
      Cordialement,
      Emilie

Poster un commentaire